Démographie des jeunes de 15 à 25 ans et impact des allocations familiales
FAITS – Suisse | La population croit fortement en Suisse, mais avec des disparités régionales importantes et inégalement selon les classes d’âge. Il est notoire que les baby-boomers âgés de 55 à 64 ans sont désormais les plus nombreux, mais qu’en est-il des adolescents? Nous nous intéressons ici en particulier aux jeunes de 15 à 19 ans, ceux qui se préparent à couvrir les besoins futurs du marché du travail. Les premiers constats font état de différences notoires entre les différentes régions suisses, où la part des jeunes est nettement plus forte et ceci, à première vue en lien avec des cantons affichant des allocations familiales plus généreuses. L’évolution dynamique des jeunes interroge aussi sur la disponibilité de services à la population, d’infrastructures, entre autres de formation et d’intégration professionnelle. Ce premier numéro des FAITS SUISSE présenté sur le Portail CHstat se concentre sur la relation entre la prévalence des jeunes dans la population et le montant des allocations familiales octroyées par les cantons (naissance/adoption ; allocations pour enfant et allocations de formation).

Les jeunes de 15 à 25 ans: une population déclinante?
| +6%15-19 ans | -3%20-24 ans |
La part des jeunes décline en Suisse alors que celle des 50+ augmente inexorablement, ce déclin s’observant également en nombre absolus. Entre 2017 et 2024, la hausse est particulièrement marquée pour les 60-64 ans (+23%) ainsi que pour les 55-59 ans (+11%), résultante du baby-boom des années 60’. Moins connu : la classe d’âge des 15-19 ans augmente elle aussi (+6%), alors que celle des 20-24 ans baisse légèrement (-3%), avec de fortes disparités cantonales.
Fig 1 — Evolution de la population résidente par classe d’âge (15-24 ans; 55-64 ans) 2017-2024 (N)

© ESEHA | CHstat — Source: CHstat
L’évolution de la population résidente permanente en Suisse en nombre absolu progresse entre 2017 et 2024. Ce qui distingue les quatre classes d’âge ici représentées (15-19, 20-24, 55-59, 60-64) c’est le rythme de leur croissance.
Zoom sur les ados de 15 à 19 ans
Notre propos dans ce FAITS SUISSE est de mettre tout d’abord l’accent sur le nombre, la prévalence et l’évolution des 15 à 19 ans, en comparant la situation de 2017 avec 2024.
La figure ci-dessus compare la population résidente permanente des 15-19 ans en 2024 avec celle de 2017, en nombres absolus et par canton. Les cinq plus grands cantons venant en tête en termes de progression.
Le nombre de personnes âgées entre 15-19 ans a augmenté dans 16 cantons entre 2017 et 2024, alors qu’elle est restée stable ou a diminué dans les autres : AI, AR, GL, GR, JU, NE, NW, OW, SG, UR. Pour les cantons à forte croissance démographique, cette hausse représente un défi en matière de planification d’infrastructures scolaires, sportives et culturelles, mais aussi en termes d’intégration socio-professionnelle.
Fig 2 — Population résidente des 15-19 ans selon le canton 2017, 2024 (N)
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© ESEHA | CHstat — Source: CHstat
La carte de gauche présente la population résidente permanente des 15-19 ans par canton en 2024 en nombres absolus, alors que les barres comparent les 15-19 ans en 2024 avec le nombre de 2017. Les cinq plus grands cantons venant en tête en termes de progression.
Le nombre de personnes âgées entre 15-19 ans a augmenté dans 16 cantons entre 2017 et 2024, alors qu’elle est restée stable ou a diminué dans les autres : AI, AR, GL, GR, JU, NE, NW, OW, SG, UR. Pour les cantons à forte croissance démographique, cette hausse représente un défi en matière de planification d’infrastructures scolaires, sportives et culturelles, mais aussi en termes d’intégration socio-professionnelle.
Densité des 15-19 ans : Suisse romande comme moteur de la croissance
| 55‰pour le canton de Genève | 59.4‰pour ler canton de Vaud |
La standardisation pour 1000 habitants permet de mieux comparer les résultats des cantons. La carte ci-dessous montre une densité plus forte des 15-19 ans pour les cantons romands soutenant véritablement la croissance démographique en Suisse, surtout sur l’Arc lémanique, mais aussi à Fribourg et en Valais. Quatre cantons romands se démarquent en 2024: GE (55‰), JU (55.2), NE (55.2) et VD (59.4‰) alors que la moyenne suisse s'établit à 50.4‰. Il y a une diminution de la prévalence entre 2017 et 2024 dans (pratiquement) tous les cantons s’expliquant par la baisse continue de la natalité, mais aussi par une baisse des regroupements familiaux. Cinq cantons suivent une tendance inverse remarquable à la hausse : GE (+0.5), TI (+0.6), VD (+1), ZG (+1.8), ZH (+2.7).
Fig 3 — Densité de la population résidente des 15-19 ans selon le canton 2024, respectivement 2017, p. 1000 habitants
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© ESEHA | CHstat — Source: CHstat
La prévalence des jeunes de 15 à 19 ans apparait plus élevée pour les cantons latins. Le graphique de droite montre quant à lui une baisse de la prévalence entre 2017 et 2024 touchant pratiquement tous les cantons.
Impact des allocations familiales sur les jeunes?
La politique sociale et plus particulièrement les allocations familiales auraient-elles une influence sur la croissance démographique de certains cantons ? Les chiffres de la figure ci-dessous semblent le confirmer. En effet, l’existence d’une politique favorisant la natalité comme le montant des allocations familiales, des allocations de formation et encore des allocations de naissance pourraient jouer un rôle incitatif. Les allocations de naissances n’existent que dans neuf cantons, dont les six romands alors que le montant des allocations familiales ou de formation varient fortement d’un canton à l’autre comme le montre la figure 4. Les cantons les plus généreux en termes d’allocations pour enfant et pour la formation sont aussi ceux qui octroient une allocation pour naissance et adoption : FR, GE, JU, VD, VS. Trois cantons alémaniques se distinguent également : LU, SZ et UR.
Fig 4 — Montants des allocations selon le genre en francs en 2026 (sous forme de graphique et de scatter plot)
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© ESEHA | CHstat — Source: CHstat
La première figure présente le cumul des montants octroyés pour les allocations familiales, soit par enfant (en rouge) et pour la formation (en orange) par mois et à la naissance (en vert, montant unique). La seconde figure croise le montant des allocations de formation (axe X) avec les allocations par enfants (axe Y) en francs par mois. La taille des ronds présente les allocations octroyées lors de la naissance ou d’adoption dans neuf cantons.
La moyenne de l'allocation familiale par enfant se montait à 246 CHF (médiane 240 CHF) par mois en 2026, celle des allocations de formation à 390 CHF (médiane 309 CHF). Le canton de Zoug est le plus généreux pour les allocations par enfant avec 330 CHF, devant le Valais, Vaud et Genève (327 CHF, 322 CHF, 311 CHF); de nouveau le Valais pour les allocations de formation (477 CHF), devant Vaud (425 CHF), Genève (415 CHF) et Zoug (330 CHF).
Politiques publiques adaptées aux besoins
Les jeunes représentent l’avenir de la société et les politiques publiques doivent prendre en considération la possibilité d’appliquer des politiques incitatives (allocations, mais aussi fiscalité favorable aux familles, accès aux crèches, logements, lieux de vie favorables à la socialisation et infrastructures adaptées), ainsi que de soutien à la formation et à une intégration professionnelle de qualité. Ce FAITS Suisse fournit un petit aperçu du nombre, de la prévalence et de l’évolution de la classe d’âge des 15 à 19 ans, étant aussi la classe d’âge appelée à remplacer dans un futur proche le retrait du marché du travail des baby-boomers. Elle présente également certains indicateurs de politique familiale à même de soutenir l’essor et l’intégration des jeunes. Nous reviendrons sur le thème de l’intégration des ados dans la société, plus particulièrement sous l’angle de leur intégration dans les réseaux de sociabilité, dans les prochains numéros de FAITS – Suisse.





